Actualités  |  06.07.2020


Le directeur de l’ATIBT donne un interview au site OTP de WRI

Dans le cadre de la newsletter de l’Open Timber Portal, Benoit JOBBE-DUVAL s’exprime sur les répercussions de la crise COVID 19.

The director of ATIBT gives an interview to the website OTP of WRI

Nous vous relayons ci-dessous le texte d’origine paru dans la newsletter du 26 juin 2020 de l’Open Timber Portal (OTP).

 

Les entreprises continuent d’avancer, malgré la crise

La crise du COVID-19 a eu de sérieuses répercussions sur les six sociétés forestières certifiées du bassin du Congo, qui gèrent un total de 5,2 millions d’hectares de forêts. Un certain nombre de ces entreprises gèrent des centres de santé locaux et sont impliquées dans la lutte contre le COVID-19. Notre équipe s’est entretenue avec Benoît Jobbé-Duval de l’Association Technique Internationale des Bois Tropicaux (ATIBT) afin de mieux comprendre la situation actuelle.

Le secteur du bois a-t-il ralenti depuis la crise ? 
Le secteur bois poursuit ses activités dans le bassin du Congo, tant bien que mal. Bien que faisant face à diverses difficultés concernant la logistique, la maintenance, l’obtention de pièces détachées par exemple, les entreprises poursuivent leur travail, mais observent des annulations ou des réductions dans leurs commandes. Il est difficile de savoir aujourd’hui quel sera l’impact exact à long terme, car il faut voir à quelle vitesse les marchés pourront reprendre leur activité.

A votre avis, est-ce qu’il y a une baisse de la mise en application des lois forestières dans le bassin du Congo depuis le début de la crise ?
Je ne peux pas vous dire à ce jour s’il y a un impact sur l’application des lois forestières. Ce ne doit pas être le cas en principe. Pour l’heure, ce que je sais c’est qu’au Cameroun, par exemple, un certain nombre d’activités illégales ou quasiment, comme les ventes de coupe, les scieries mobiles, etc. se sont arrêtées, mais ce n’est que ponctuel certainement, et malheureusement. Nous avons là à faire à des acteurs essentiellement opportunistes et éphémères, qui se remettront à leurs activités illégales dès que la crise sera passée. Par contre, les sociétés qui ont des principes solides et des procédures claires en matière de bonnes pratiques « tiennent le coup » et font face à l’épidémie.

Pensez-vous que la légalité forestière dans le bassin du Congo va s’améliorer ou se dégrader durant la crise ?
Mon inquiétude provient du fait que les marchés vont être difficiles, et que le bois tropical légal et certifié puisse faire face à une désaffection plus poussée sur les marchés. La crise peut rendre les marchés encore plus concurrentiels, et il est possible que les acheteurs se tournent toujours plus vers des essences de bois résineux, moins coûteuses, comme cela a déjà été le cas après la crise financière de 2008.