Actualités  |  11.02.2022

9 200 espèces d’arbres encore inconnues sur Terre

Une étude internationale publiée dans la revue scientifiques américaine PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences) s’interroge sur le nombre d’espèces d’arbres qu’abrite la planète.

S’il est impossible de dénombrer avec exactitude le nombre d’espèces d’arbres sur Terre, une équipe internationale de 150 chercheurs a formulé dans cette étude une nouvelle hypothèse. La Terre abriterait environ 73 000 espèces, dont 9 200 seraient encore à découvrir. Et les forêts tropicales joueraient un grand rôle dans ces futures essences non-découvertes … La grande majorité seraient en effet situées dans les forêts humides tropicales et subtropicales. A elle seule, l’Amérique du Sud abriterait 40% de ces essences inconnues.

Pour élaborer cette hypothèse, les chercheurs ont combiné dans un premier temps les deux principales bases de données mondiales existantes, à savoir Global Forest Biodiversity et TreeChange afin d’obtenir des informations à la fois sur l’abondance des espèces et sur leur occurrence. La nouvelle base de données obtenue grâce à ce croisement comprend plus de 38 millions d’arbres répartis dans 100 territoires et 90 pays, dont 64 100 essences connues, un chiffre cohérent avec les précédentes estimations. Cela a permis aux chercheurs d’avoir un bon aperçu de la diversité des espèces pour différents biomes et au niveau continental. Une équation a ensuite été développée pour estimer le nombre d’espèces encore non découvertes. Pour l’anecdote, la méthodologie utilisée est dérivée de la méthode mise au point par l’informaticien Alan Turing durant la seconde guerre mondiale pour déchiffrer les codes nazis !

En outre, l’étude relève que près d’un tiers de ces essences encore inconnues pourraient être rares, et souligne que plus une forêt est riche et diverse, plus elle est résistante et résiliente. Elle rappelle ainsi l’importance des travaux d’inventaire et de la collecte de données sur le terrain, ce qui demande des ressources humaines et financières à ne pas négliger.

Au-delà de l’intérêt scientifique d’une telle étude, ce constat met en avant la nécessité de développer la recherche sur le terrain et de diversifier l’utilisation des essences de bois exploitables, tout en assurant une gestion des forêts tropicales durable, respectueuses du rythme des écosystèmes.

Télécharger l’étude (en anglais)