Actualités  |  29.07.2022

Hommage à Mr. Jean-Marie Mevellec, ancien Directeur Général de la CIB, véritable capitaine d’industrie du bois et de développement

Jean-Marie Mévellec est décédé à Brazzaville le 5 juin dernier. Il a été inhumé dans le cimetière du centre-ville le 14 juin 2022, entouré de l’affection des siens, des officiels et de ses amis.

Hommage à Mr. Jean-Marie Mevellec,  ancien Directeur Général de la CIB, véritable capitaine d’industrie du bois et de développement

Après avoir travaillé dans l’ex-Zaïre (actuelle RDC) et en Côte d'Ivoire, Jean-Marie Mévellec est arrivé au Congo en 1988 comme directeur général de la Congolaise Industrielle des bois (CIB). Il occupera ce poste jusqu'en 2008, date à laquelle il prendra sa retraite, hormis de 2000 à 2002, années pendant lesquelles il sera directeur général du Groupe Rougier pour le Cameroun et le Congo (où ce groupe était attributaire de la concession de Mokabi). Pendant cette période 2000 à 2002, il sera remplacé par Yves Dubois à qui il avait d'ailleurs succédé en 1988.

Dès son arrivée à la CIB, il s'est montré actif et entreprenant. Il a obtenu du Ministère de l’Economie Forestière de passer le Volume Maximum Annuel de la concession de Pokola de 100 à 150 000 m³ afin de couvrir les besoins de la nouvelle scierie de Pokola, en initiant l’exploitation des essences secondaires qui n’avaient jamais été exploitées dans le Nord-Congo.

Devant les grandes difficultés du CFCO et son incapacité à évacuer les produits forestiers du Nord-Congo, il eut la bonne idée de suivre l’exemple de Boissangha qui, sous la direction de Émile Ouosso, avait ouvert la première liaison routière entre la Sangha et Yokadouma, permettant aux bois congolais d’atteindre le port de Douala. Jean-Marie Mévellec opta pour un tracé plus méridional et plus court depuis Pokola, passant par Gatongo pour rejoindre les routes camerounaises accédant à Douala. Cette initiative a été bénéfique, non seulement à la CIB, mais aussi à tous habitants de la Sangha, qui ne pouvaient recevoir aucune marchandise en période des basses eaux, la route reliant Mambili à Makoua étant restée impraticable pendant presque dix ans.

Voyant les opportunités de développer la société, il a conçu le projet d’acheter la société Boissangha, basée à Kabo, à 120 kilomètres de Pokola.  Il a obtenu ensuite du Ministère de l'Economie Forestière l'octroi des concessions de Kabo, de Loundoungou et de Pikounda, ce qui permettra de porter au début des années 2000 la production de grumes de la CIB aux environs de 350 000 m³. Parallèlement, il a développé la transformation plus poussée du bois en faisant construire une importante batterie de séchoirs et une grande unité de récupération, incluant le moulurage, permettant d’obtenir un meilleur taux de transformation.

Au même moment, il a eu l'occasion d’étudier puis de mettre en œuvre les plans d'aménagement des concessions forestières de la CIB, ce qui permettait d'avoir une tout autre approche forestière qui tenait compte, non seulement du volume abattu, mais aussi de sa capacité de transformation, de la réduction de l’impact de l’exploitation sur l’environnement, de la gestion de la faune, de la considération des populations locales et autochtones.

Du point de vue social, Jean-Marie Mévellec a été très actif, développant le village de Pokola, qui a atteint 15.000 habitants après les années 2000. Il a ainsi fait construire un hôpital performant qui reçoit et soigne des malades à 200 km à la ronde, des cases en briques plus confortables pour le personnel, à la place de celles en bois, équipant Pokola d’un réseau moderne permettant l’utilisation des téléphones portables, etc. Il a aussi assaini le village en déplaçant le vieux village insalubre installé au bord du fleuve.  Il a fait construire deux écoles pour les autochtones. Avec eau, électricité, stade, téléphone, piste d’aviation, Pokola est de venu un village modèle.  Il a travaillé également au développement des routes tout d'abord de Pokola à Ouesso avec une route et un bac, puis en restaurant les routes nationales comme de Ouesso à Souanké et de Ouesso à la Mambili, etc. Il a contribué au développement des régions du Nord en dialoguant et en encourageant les actions des préfets, des maires et des directeurs régionaux de la Sangha et de la Likouala. Ses conseils avisés ont permis à Émile Ouosso de mieux ajuster son projet de construction au Nord du Congo, de 1997 à 1999, d’un axe routier majeur (qui a permis le désenclavement de la Likouala, et l’installation de plusieurs sociétés (Rougier, Thanry, Lopola, etc..) et du développement de sa société Cristal dans le nord de la Likouala.

Ses mérites, reconnus par les plus hautes autorités du Congo et de France, lui ont valu plusieurs décorations : Officier de l’Ordre du Mérite Congolais et Chevalier de la Légion d’Honneur Française.

Exigeant, entreprenant, visionnaire, ce fut pendant une vingtaine d’années, un grand développeur et un bâtisseur à la CIB d’abord, puis du Nord Congo, de la Sangha et de la Likouala en particulier. Il a été de tous les débats sur le secteur forestier, au niveau national (avec les administrations et les (syndicats Unibois et Unicongo). C’est un personnage que l’on ne peut oublier : un grand capitaine d’industrie du bois et de développement du Nord-Congo.