Actualités  |  28.08.2026

Bois d'ingénierie et construction : un rapport de la FAO souligne le potentiel climatique de la filière

Un rapport publié par la FAO et Bauhaus Earth à l'occasion de la London Climate Action Week 2026 montre comment une utilisation accrue du bois dans la construction pourrait transformer le secteur du bâtiment, aujourd'hui responsable de 37 % des émissions mondiales liées à l'énergie, en levier de lutte contre le changement climatique.

Bois d'ingénierie et construction : un rapport de la FAO souligne le potentiel climatique de la filière

Le rapport, intitulé Wood products in the bioeconomy: scenario-based assessment of the potential for engineered wood products in climate change mitigation, s'intéresse en particulier aux produits bois d'ingénierie (bois lamellé, panneaux composites, éléments structurels obtenus par assemblage de couches ou de fibres de bois), dont l'usage progresse dans la construction en raison de leur empreinte carbone plus faible que celle de l'acier ou du béton. 

Selon les scénarios étudiés, une adoption accrue de ces matériaux dans les zones urbaines pourrait faire croître la demande mondiale de 50 à 250 millions de m³ par an. Avec un objectif de 20 % des nouveaux bâtiments résidentiels construits en bois d'ingénierie, les émissions mondiales pourraient diminuer de 236 MtCO2 eq par an sur la période 2025 à 2070, comparé à un scénario tendanciel, dont environ deux tiers grâce au stockage de carbone dans les produits bois et le reste grâce à la substitution de matériaux plus émissifs. 

L'impact régional serait particulièrement marqué en Afrique : dans ce même scénario, le continent devrait produire près de 20 millions de m³ supplémentaires de sciages résineux, soit une hausse de 165 % par rapport aux niveaux actuels, contre environ 30 % pour l'Asie. Le rapport souligne aussi que l'Amérique du Nord pourrait passer d'exportateur net à importateur net de bois rond industriel, tandis que l'Europe renforcerait sa position d'exportatrice. 

Pour Zhimin Wu, sous-directrice générale de la FAO et directrice de la Division des forêts, les bénéfices climatiques des produits bois d'ingénierie dans la construction sont réels, mais leur concrétisation dépendra de politiques coordonnées, capables de traiter les déséquilibres régionaux, les risques climatiques et les enjeux de gouvernance. 

Le rapport insiste sur un point de vigilance central : la hausse de la demande ne doit pas se traduire par une pression supplémentaire sur les forêts naturelles. Il rappelle qu'environ la moitié du bois rond industriel mondial provient aujourd'hui de forêts naturelles, l'autre moitié de plantations, et que ces dernières devront jouer un rôle croissant pour répondre à la demande future, sous réserve de politiques nationales adaptées et de gestion forestière durable. Le document appelle également à des normes de durabilité et une gouvernance forte pour garantir la conservation des forêts.

Ces perspectives concernent directement les pays producteurs du bassin du Congo, appelés à absorber une part croissante de la demande mondiale en bois. Elles rejoignent la mission de l'ATIBT : promouvoir une gestion forestière durable et une exploitation légale du bois tropical, conditions indispensables pour que la croissance annoncée de la demande profite aux forêts et aux économies locales plutôt que de les fragiliser. 

Accéder au rapport complet : Wood products in the bioeconomy

FAO & Bauhaus Earth (2026). Wood products in the bioeconomy: scenario-based assessment of the potential for engineered wood products in climate change mitigation. 

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